tçi E m b l e' m e s 
X L V I . 
L'Amour dédaigne tmt le refte . 
LOrfque Dieu fe découvre au cœur , On n'a que du mépris pour les grandeurs du monde ; Les honneurs , les plaifirs nous caufent de l'horreur , On goûte en quitant tout une paix fi profonde , Qu'on ne croiroit jamais que les privations FaiTent le vrai bonheur d'une ame : 
C'eft pourtant au milieu des contradictions , 
Qu'elle fe fent brûler de la divine flame . 
Oui l'amour de la pauvreté Aperte avec que la fageffe La parfaite tranquilité , 
Et la véritable richefle . 
Heureux celui qui ne poiTéde rien , 
Dont le cœur dégagé ne veut & ne délire Que le fouverain Bien ! 
Car jamais il n'afpire Qu'après l'éternité . 
Tout ce qu'on eftime fur terre , 
Eft pure vanité : 
Le trouble n'elt qu'un effet néceiîaire De la cupidité . 
Le pauvre d'efprit ne peut craindre La perte de ce qu'il n'a pas . 
Que lui peut - on oter ; & quel mal peut l'ateindre ? Le foin de fes trefors n'eft point fon embaras . Son unique foin elt de plaire A fon Seigneur , qu'il aime purement : 
Il ne peut rien penfer que pour le fatisfaire , 
Et fait fon feul plailir de fon contentement . 
Qui ne quite pas tout , dit J e s u s , pour me fui vre , Eft indigne de moi : 
Il eft bien éloigné de vivre Refufant de mourir à foi . 
L'homme vit & fe plaît dans tout ce qu'il poflede ; Il vit en moi par la privation : 
Dans tous fes détìis il excède ; 
Ils feront tous comblés par ma poiTellion . 
XLVII . Ce
	        

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