E' O . V B N I U S . 181 . 
X L V . 
Les vents funt qu'il s'accroît . 
pLus je fuis acablé d'ennuis & de traverfes , 
Plus je fens dans mon cœur croitre les facrés feux : Tant d'horribles tourmens , tant de peines diverfes , Bien loin de m'afliger , comblent enfin mes vœux . 
Que ton foufle divin , Efprit tout adorable , Qui paroit au dehors agiter notre cœur , 
Nous caufe par dedans un calme délectable ! 
Cette agitation augmente notre ardeur . 
S'il eft vrai qu'en l'Amour fi charmante eft la peine , Quels feront dans les deux ces torrens de plaifirs , Dont la main de l'Amour puiflante & fouverainc Par de divins excès doit remplir nos défirs i 
Amour , divin Amour , qu'en fecret je reclame , Que tes feux me font chers ! j'adore tes rigueurs . Ah , fi je pouvois voir un jour ta fainte flame En m'anéantiflant brûler les autres cœurs ! 
CroiiTez , brûlez fans fin , fans jamais vous éteindre Augmenter vos tourmens , c'eft croitre vos bienfaits L'apreté de vos feux ne fauroit faire craindre ; 
Plus on eft confumé , plus on trouve de paix . 
O feu qui détruis tout , détruis enfin ma vie , Unis moi , je te prie , à mon fouverain Bien ! 
Mais je ne puis avoir ce fort digne d'envie , 
Que je ne fois par toi réduit à n'être rien . 
XLVI . VA
	        

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