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E M S t »' M I C 
X L V . 
Fuiez , o mon Bien - aime , & foiez femblable à un chevreuil , & ^ un fa» de cerfs , en vous rant fur les montagnes des aromates . 
QUe vous m'avez apris une haute leçon , 
„ O trop charmant Dofteur , que mon ame eft contente ! 
Je n'aime plus à ma façon , 
J'entre dans les devoirs d'une parfaite Amante . 
Je vous voulois pour moi , mais je vous veux pour vous : 
Fuiez , fuiez , mon cher Epoux , 
Fuiez , & faites des conquêtes ; 
Je ne ferai plus de requetes Que pour vos intérêts , que pour le pur amour ; Allez , courez toute la terre , 
Faites par tout un long féjour En parcourant l'un & l'autre hemifphere , 
Gagnez cent mille cœurs : mon efprit fatisfait N'aura plus pour moi de fouhait . 
Que j'étois foible , helas , croiant ma flame pure ! Tout étoit mélangé d'ordure , 
J'étois , en vous aimant , de mon amour la fin ; Peut - on aimer ainfi le Seigneur fouverain ? 
Je vous aime d'une autre forte : Et , quoique fans empreflement , 
Mon amour eft cent fois plus forte ; 
Elle eft pure , elle eft fimple & ians deguifement . 
O mon célefte Epoux , remportez la viftoire Sur tous les coeurs dans ce grand univers ; 
Je ne penfe qu'à votre gloire : 
Et quand je foufrirois mille tourmens divers , 
Mon
	        

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